Is this the end ?

Certains mots naissent tellement parfaits, naturellement, qu'il suffit alors de les balancer dans l'air et faire sensation. D'autres ont besoin d'être pensés et repensés : de mûrir avant de pouvoir être dits et valoir la peine d'être écoutés. J'ai souvent eu du mal à distinguer les premiers des seconds, avec le lot de quiproquos qui vient avec ce genre de maladresse. Des mots j'ai certainement du en dire des centaines de millions depuis que ma langue s'est enfin déliée ... Je les ai tous assumés, un par un, des fois avec fierté, d'autres en me confondant humblement dans de plates excuses et souvent, mais de moins en moins, avec de pénibles regrets.

 

Parmi ces mots qui naissent laids, anorexiques ... presque infirmes et que l'on s'efforce (des fois) pendant des années à choyer, soigner, rééduquer, certains ne verront jamais le jour. Ils restent non-dits jusqu'à ce que langue se renoue à tout jamais ou finissent tout simplement, dans la corbeille de l'oubli. Des mots comme ceux-là, j'ai du aussi en avoir des centaines de millions sur le dos. C'est à force de porter ce lourd fardeau que je me suis mis à les écrire : jouant à l'apprenti médecin, je soignais ces mots dans la clinique du verbe. Et c'étaient finalement mes propres maux que je pansais, cette laideur en moi que je gommais, et mon infirmité sociale que je fuyais, inexorablement.

 

Dans la clinique du verbe, certains mots finissent par s'éterniser. Ils ont la tête dure : ils arrivent toujours à éviter le crématorium de l'oubli, sans pour autant obtenir de relaxe définitive. Avec le temps, ils se confondent peu à peu avec le décor, finissent par mettre à leur tour des blouses blanches et commencent à vouloir donner un coup de main. Se prépare alors un putsch tout aussi discret que machiavélique : un culte occulte de la laideur et de l'imperfection qui fait d'un marécage un paradis et d'un cercle vicieux, une épopée ! Ce qui semblait être une échappatoire devient alors prison : une ère glaciaire qui gèle le court de la vie et le cantonne dans une caverne de non-dits.

 

Le pire avec ces mots renégats, presque immortels, c'est qu'il ne suffit pas de les confier au premier venu ou même à un ami intime pour s'en débarrasser ! Vous pourriez les mettre dans des bouteilles à la mer, les écrire sur tous les murs ou encore les crier sur tous les toits ... ils reviendront, inexorablement, hanter vos jours et vos nuits. Toute la tyrannie, toute la force, tout le comble de ces mots est qu'ils se font passer pour tellement inappropriés, tellement immatures, tellement « aformes » qu'ils en deviennent indicibles. Le seul remède possible est de les dire, les yeux dans les yeux de celui à qui ils étaient destinés. Toute la difficulté d'un tel exercice est d'arriver à faire abstraction de ses conséquences : s'attendre à toutes les réactions et accepter d'avance toutes les issues possibles.

 

Il y a de ça quelques soirs, je me suis enfin pris par la main : j'ai aligné toutes ces incantations inaudibles qui m'ont réduit à l'esclavage pendant des décennies dans un peloton d'exécution. En exécutant le premier mot, en le regardant rendre l'âme, j'ai cru voir mon émancipation danser sur son cadavre ... Ensuite vint le tour du deuxième, puis du troisième ... jusqu'à l'avant dernier !

Le dernier je le garde en vie. Pour l'instant. Je le garde en vie parce que tout seul, il ne fera plus jamais le poids du serial-killer que je suis devenu. Je le garde en vie ni par pitié, ni par faiblesse, ni par toute autre forme de rechute : je le garde en vie pour qu'il me rappelle cette histoire : mon histoire. Ce dernier mot qui m'était destiné je n'ai pas besoin de me le dire, car en fait je ne le sais que trop bien.

 

Comme une soudaine révélation, je lis le titre de ce blog, énième succursale de la clinique du verbe que j'ai pris la peine de construire et je souris : pistolero je suis devenu, à force de l'avoir voulu, à force d'avoir tant été du mauvais côté de la pistole, à force d'avoir écrit au lieu d'avoir dit, à force d'avoir été au lieu de tout simplement avoir vécu !

 

Is this the end ? Yes. I'm done writing words. I'm even done saying them : time has come to become.

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07/02/2017
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Traversée du désert

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Une blonde dans mon verre,

qui me souffle vers sur vers

Je la siffle et je me perds

dans les brumes de son éther ...

 

Une brune dans mon coeur

me déclare alors la guerre

Elle me manque tellement fort

que plus rien ne peut y faire ...

 

Une blonde dans mon verre

Une brune dans mon coeur

Je perds la tête et j'me prépare

à traverser le désert ...


01/02/2017
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Il est une brune dans mon coeur

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Belle brune aux yeux amande
Qui vaut bien toutes les blondes
Dieu seul sait qu'elles abondent
Et que tu restes seule au monde.

 

Ton sourire à la Joconde
Et tes mèches vagabondes
M'ont bien eu à la seconde
Où mon cœur baissa la garde.

 

Tu es frêle et si féline
Aussi belle que câline
Comme une étoile qui fulmine
Dans un ciel qui s'illumine.

 

Manifestation divine
De la beauté féminine
Je me rends car tu domines
Ma faiblesse masculine.


01/02/2017
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Premier vrai mensonge

Solitude, mon amie sauvage
Te crois-tu nécrophage ?
Pour venir ainsi dépouiller
Un navire en naufrage.

 

Je suis né dans les adages
D'un temps de pluie et de nuages
Et mon âme devenue sage
S'accommode bien de ton sarcophage ...

 

Pourquoi tant d'orages ?
Viens dans mes bras
Comme une vague
Qui embrasse le rivage ...

 

Solitude je te veux
Sans artifices, sans maquillge
Ne fais pas ta jalouse
Je suis ton homme
Depuis des âges.


24/01/2017
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Impossible Confessions

When it is so hard to say, could it in stead be done ?
Where to start from and where to land on ?
Questions and thoughts are all around.
Feelings stay inside but for how long ?
Life is short but those coward words won't come.
Would I have to die, everyday, before things ever happen ... ?


20/01/2017
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I love you ...

Je suis ce que tu as fait de moi.
Malgré le chagrin et les émois.
Malgré les années et les dents en moins.

Et le temps qui s'en va ... loin.
Je suis ce satané produit de toi.
Que la terre compte en moins.
Que la vie ne veut point.
Je suis ce vaurien qui ne t'oublie pas.
Je suis ce moins que rien.
Qui t'aime pour ce que tu es.
Pour ce qu'il n'a point.
Pour ce qui le dépasse de loin.
Et qui t'aime donc pour rien.
Si ce n'est ... Ce besoin de toi.
De t'aimer pour rien ...
De t'aimer ... Point.


26/12/2016
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اندلسيات

وليل صفي لم تشبه سحب
زانه بدر مليح وسرمد
صعب المنال، بل هو اقرب
من غزيل رماني بطرف
! فصرت عبدا له وانا سيد


25/12/2016
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Freudisme

Plus jamais deux sans toi.
Désormais je serais trois:
Le ça, le moi et ce mal de toi.


13/11/2016
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Départ

Quand vient le temps
Des voiles levés
Gonflés par le vent
De mes rêves brisés
Éternelle, je t'attends
A la nuit tombée
Et vers d'autres desseins
Je te suivrai ...


04/11/2016
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Karma

Quand le soir lève le voile,

Sur un jour qui se dérobe.

La nuit fidèle, met sa robe

Ornée de lunes et d'étoiles.

 

Je la regarde, et je la suis

Jusqu'au bout du monde ...

Où vil, le chagrin se noie

Et où fier l'amour abonde.


10/10/2016
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