La quadrature du cercle

L'histoire raconte que les grecs parmi certainement beaucoup de civilisations se sont bien cassés la tête à résoudre le problème qui se pose de la manière suivante : quel serait la mesure du côté «a» d'un carré ayant la même circonférence qu'un cercle d'un rayon «r» donné ? La complexité de la solution vient surtout du fait que du temps des grecs on ne savait décompter que les entiers et leurs fractions et résoudre une équation du type 2πr = 4a leur était tout simplement impossible. En effet π ne vaut aucune fraction connue (même s'il se rapproche relativement de 22/7) c'est ce qu'on appelle un réel transcendent.

 

La maladresse des grecs me vient à l'esprit quand je m'intéresse à la scène publique tunisienne. Une révolution sociale que l'on ranime dans une polyclinique politique. Des paroles de réconfort contre un vécu de misère hormis les milliards de dollars par-ci et de rials par-là qui vont on ne sait où et surtout que l'on contracte pour on ne sait quelles promesses. Pour le chômeur ? On propose de meilleurs sujets de discussion au café comme par exemple le sacrosaint sexe à travers toutes ses déclinaisons politiquement correctes : niqab ou pas niqab, à partir de quels critères vestimentaires le viol d'une nana est-il halal ? Etc. Pour les vieux courtiers de la politique on propose tout simplement de remettre la partie «au gagnant» peut-être parce que ce sont toujours les mêmes entrepreneurs qui élèvent les bâtisses ... Pour les politiciens du dernier printemps les choses ne vont pas tellement mieux, entre gérer la tectonique des masses populaires et l'un des premiers «grands compromis politiques» de l'histoire de la Tunisie il y a de quoi perdre le nord. Et ce constat inclut autant les partis au pouvoir que ceux qui occupent les tranchées de l'opposition.

 

Il y a comme quelque chose de niais dans toute cette approche qui fait abstraction des revendications de bases de la révolution et qui s'acharne à réutiliser les mêmes techniques ancestrales pour résoudre des problèmes certes vieux mais posés d'une manière nouvelle. J'ai comme l'impression que personne ne voit encore la transcendance du π dans l'équation tunisienne et que de ce fait la quadrature de la révolution ne sera pas pour demain.

 

 

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02/03/2012
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