mer-Dakan feat. aMone-borA-muMusland

Lieu : Là où il était une fois ...

Date : très, très ... (vraiment) très longtemps avant notre ère ...

 

... deux royaumes tellement, vastes et tellement puissants, qu'il s'étendaient chacun d'un bout à l'autre du monde : le mer-Dakan et l'aMone-borA-muMusland.

 

A cette époque, la bêtise humaine était telle, que les deux peuples pourtant limitrophes, vivaient, chacun confiné dans l'étroitesse de son esprit. Cependant, les bruits circulaient allègrement d'un côté comme de l'autre de la frontière, à défaut de les traverser ! Les amphithéâtres Dakaniens trouvaient un malin plaisir à produire des pièces moqueuses des us et coutumes muMuslandienne, allant même jusqu'à reproduire certaines de leurs cérémonies religieuses, dans des situations burlesques ... Les muMuslandiens, ne se gênaient pas non plus ! Ils traitaient sur le même pied d'égalité les traditions Dakaniennes et les représentaient dans leurs divertissements, comme une horde de barbares mal-éduqués ...

 

Et les jours passaient ainsi, d'année en année, de décennie en décennie et de siècle en siècle ... ne faisant que contempler l'inexorable pérennité du statut-quo ... jusqu'au jour où un étranger se présenta à la frontière muMuslandienne ... La nouvelle traversa le royaume, comme un feu de bois ... et finit par venir frapper à la porte du palais royal.

 

Le monarque, pensa que cela pourrait bien être une première très risquée, si cet étranger, venait à être admis au royaume ... et décida d'aller en juger par lui-même, à même le théâtre des événements tout en conviant le grand prêtre muMuslandien, à être du voyage. Ainsi, on attela les chevaux, on chargea les mules de tout les indispensables royaux et la caravane fit son bout de chemin vers la frontière, sous la haute surveillance de la plus grande garde royale, jamais rassemblée de toute l'histoire muMuslandienne.

 

A peine arrivé, le cortège se déploya et la tente royale fût dressée dans toute sa splendeur, et tous les soins furent pris de poser son entrée, sur la frontière : les ordres étaient clairs, l'étranger ne devait en aucun cas fouler le sol muMuslandien, avant que la décision royale ne fut prise ! Et l'on finit par admettre l'étrange visiteur, à la rencontre du roi :

 

- "Sir, je vous en conjure ... prêtez-moi asile chez vous ! Repêchez-moi de ce royaume décadent que ma misérable infortune m'a fait traverser !", dit l'étranger en s'écroulant sur le pas de la porte, levant vers le ciel, des bras fatigués et supplicateurs ...

 

- "Et qu'as-tu vu de si terrible, chez ces sbires de Dakaniens, pour demander asile chez nous ?"

 

- "Si votre altesse m'autorisait à m'en approcher, je lui montrerais ces esquisses que j'ai faites de ce peuple barbare", répondit l'étranger en sortant une liasse de papyrus, de son sac.

 

Le roi, piqué à vif dans sa curiosité ... ne put s'empêcher de vouloir les papyrus, il hésita, avant de grommeler, dans un air qu'il voulut autoritaire :

 

- "Et qui me garantit que tu n'est pas un espion Dakanien, venu profiter de notre aimable hospitalité, pour remplir une quelconque mission obscure ?"

 

- "Je jure, par la barbe sacrée du grand prêtre qui se tient à votre droite, que même si j'avais été Dakanien, je renierais les entrailles qui m'ont couvé, après toutes les atrocités que je viens de voir !"

 

Le grand prêtre flatté par les mots de l'étranger, toussa discrètement et le roi finit par céder ... L'étranger se précipita alors au pied du trône royal, se prosterna devant l'auguste monarque, en tenant la liasse de papyrus au-dessus de la tête. Le roi, la saisit et commença à les feuilleter, tandis que son visage gras et affaissé, rougissait de plus en plus ... Le grand prêtre, qui regardait par-dessus son épaule, ne put longtemps cacher son amusement, quand le monarque se leva d'un geste brusque, laissant tomber les papyrus par terre, et agrippant l'étranger par le col, en grommelant, entre ses dents serrées :

 

- "Je vais te brûler vif, pour ces dessins que tu as ramenés !"

 

Il le traîna ensuite, tout le long de la tente, en répétant frénétiquement sa dernière phrase, tandis que toute la court se rassemblait petit à petit autour des papyrus qui parsemaient le sol : on y voyait des portraits comiques du roi muMuslandien, dans des tenus légères ou dans des postures assez grotesques avec les animaux de la basse-cour ! Un brouhaha emplit alors la salle, entre le désappointement des uns et l'amusement des autres, quand le grand prêtre s'écria de vive voix :

 

- "Silence !"

 

Le calme s'installa aussitôt, dans la cour royale. Même le roi qui continuait à traîner l'étrange visiteur vers la sortie, s'arrêta net et se retourna en haletant de toutes ses forces. Le grand prêtre qui jouait des doigts dans sa barbe touffue, reprit :

 

- "Sir ! Cet homme n'est pour rien dans toute cette mascarade, il n'a fait qu'en rendre compte à votre altesse sérénissime. Pour ce faire il a du traverser tout le royaume des ces barbares de Dakaniens, au risque de sa propre vie, motivé par sa seule crainte pour votre honneur ! Sir, j'implore votre indulgence, cet homme mérite récompense et non le bûcher !"

 

Le roi hésita pendant quelques secondes, avant de lâcher le col de l'étranger, tétanisé. Ensuite il le saisit par l'aisselle et l'aida à se relever, tout en défroissant négligemment ses habits. Il leva la tête vers la voûte éclairée de la tente, avant de grommeler :

 

- "merDakan, désormais tu feras partie du passé ! Je vais te réduire en poussière !"

 

L'étranger qui reprit soudain confiance, s'avança vers le monarque et se prosterna devant lui. Il saisit sa main droite et la posa sur sa propre tête, tout en murmurant :

 

- "Pour cela aussi, je serais votre homme, altesse !", avant de se retourner vers le grand prêtre, en disant :

 

- "Le grand prêtre a sûrement entendu parler du rituel de la malédiction des anciens !"

 

Et tout le monde se retourna vers le grand prêtre, qui avala difficilement sa salive. Son regard tourmenté se baladait d'un visage à l'autre dans la grande tente, et quand il finit par croiser les yeux rouges sang du monarque, il eût enfin la présence d'esprit de répondre aussitôt :

 

- "Bien sûr que j'en ai entendu parler ... je suis même incollable sur son bon déroulement ! Mais pour quel genre de prêtre amateur me prenez-vous misérable étranger ?"

 

- "C'est quoi encore cette histoire ?", répondit désespérément le roi, qui commençait à perdre patience ...

 

- "Et bien que le grand prêtre m'arrête si je me trompe, mais il s'agit là d'un ancien rituel de vengeance, d'une puissance jamais inégalée !"

 

- "Puissant comment ?", demanda le roi de plus en plus crédule ...

 

- "Tellement puissant, qu'il pourrait réduire en miettes, tout le royaume Dakanien, si c'est ce que vous vouliez savoir !"

 

Le roi qui arborait un sourire de plus en plus satisfait, regarda le grand prêtre, qui hocha la tête, en signe d'acquiescement, sans trop y mettre de conviction !

 

- "Le rituel est assez simple dans l'ensemble, comme vous le confirmera l'illustre grand prêtre, il suffit d'avoir sous la main un bocal de miel d'abeille, quelques onces de farines et un sublimissime monarque issue des plus nobles lignées royales de tout le temps : en l'occurrence votre sérénissime altesse !"

 

Le roi, réfléchit quelques instants, avant de répondre fièrement :

 

- "Il est tout à fait compréhensible qu'il ne faille avoir recours à la grandeur de la généalogie de la dynastie muMuslandienne, pour préparer une riposte d'une telle ampleur ... ce que je n'arrive pas à saisir, c'est surtout le rôle du miel et de la farine, dans tout le rituel ?"

 

- "Je vais vous expliquer ... la réussite du rituel de la vengeance des anciens, repose sur l'aptitude du monarque qui s'est proposé de l'accomplir, à ... péter plus haut que son sérénissime cul royal ... le miel et la farine ne sont que des instruments de mesure de l'envergure et surtout de la hauteur du pet !"

 

L'impact de ces mots fut tel, que toute la tente plongea dans un silence religieux ... Le roi était plongé dans une béatitude, telle que le grand prêtre devenu tout bleu de la tête au pieds, en profita pour s'éclipser discrètement ... Et c'est par un autre coup de génie que l'étranger débloqua enfin la situation :

 

- "Grand prêtre, venez m'aider, on va mettre en place le rituel immédiatement !", dit-il en prenant le roi par le bras et en se dirigeant vers la porte de sortie. Le grand prêtre qui n'hésita pas une seconde de plus, obtempéra sur le champ !

 

Quelques minutes après, le roi était en petite culotte, entièrement sous poudrée de farine, le cul face à un vieux mur en ruine, enduit de miel ... il performait une série de pets, au signal de l'étranger. Après chaque tentative, un groupe d'ingénieurs allait mesurer la hauteur de l'impact de farine que le monarque laissait sur le mur et le comparait à la hauteur du cul royal !

 

Malgré les encouragements de la population, le roi n'arrivait pas à se surpasser et à péter plus haut que son cul, il commençait à rougir et à fatiguer à force de se torturer le rectum, alors que l'étranger reproduisait toutes les scènes sur papyrus, en prétextant une immortalisation de l'histoire, un devoir pour les générations futures, avait-il dit !

 

Dans un ultime effort, le roi demanda au grand prêtre de lui flanquer un bon coup de pied dans le bas du ventre, histoire de lui donner plus d'impulsion, le prêtre obtempéra et le miracle arriva : le monarque péta plus haut que son cul, d'au moins une douzaine de pouces !

 

La foule se mit en délire à l'annonce de la performance, quelques éclairs suivirent et une pluie fine ne tarda pas à tomber, quand l'étranger confessa d'un air grave :

 

- "Le rituel est réussi, la vengeance des anciens est lancée !", avant de s'adresser solennellement au roi :

 

- "Sir, permettez-moi de retourner au royaume Dakanien, pour immortaliser sur papyrus, votre triomphe imminent !"

 

Le roi, épuisé, acquiesça de la tête et l'étranger enjamba la mythique ligne de frontière ...

 

 

***

 

 

Lieu : Cent miles nautiques au large du village de Nellapurt ...

Date : Ce matin à 7H00 GMT ...

 

- "C'est fantastique !", s'exclama l'homme grenouille.

- "C'est le moins qu'on puisse dire ! Vous vous rendez compte professeur, ils sont parfaitement conservés ... je dirais même plus ... intacts !"

- "J'ai hâte de ramener ça au laboratoire ... et de voir la tête du professeur Maynoussa ?"

 

Et les hélices du bateau fouettèrent l'eau en direction la côte. Une fois arrivée, l'équipe de plongeurs déchargea la lourde cargaison qui constituait les premiers résultats concluants, d'une fouille sous-marine qui durait depuis des mois.

Le professeur Maynoussa, illustre archéologue de l'université de linerB, attendait impatiemment le précieux chargement, à même la plage.

 

Quelques instants plus tard, toute l'équipe était réunie sous la tente improvisée en laboratoire. Sur une grande table au milieu de la salle principale, étaient posés des plaques de verre qui luisaient de mille et une lumière.

 

- "C'est une belle trouvaille, les gars !", s'exclama Maynoussa, d'une voix enrouée, avant d'éternuer violemment !

 

"Ah ! Si je n'avais pas chopé cette saleté de rhume !", reprit-elle en soulevant une plaque de verre et en auscultant minutieusement le papyrus qui y était niché ...

 

- "A première vue, je dirais que ce sont là, les premières représentations caricaturales que toute l'humanité ait jamais vu !", s'extasia le professeur, qui était toujours en combinaison de plongée ...

"Cette scène, où cet étrange personnage couronné, sautille le cul en l'air ... me ferait presque rire !"

 

- "Je dirais que c'est même beaucoup plus que ça ... !", l'interrompit Maynoussa, avec une étincelle dans le regard, avant de reprendre :

 

- "Je dirais même plus, que ce que vous tenez dans la main, est la première affiche de pièce de théâtre, que l'humanité ait jamais connue ! Vous voyez là, cette transcription en vieux Dakanien : ça m'a bien l'air d'une date et ces deux colonnes en bas de l'affiche : on dirait une liste de noms, probablement ceux des comédiens."

 

Ensuite, elle prit la plaque de verre entre les mains, la rapprocha à quelques centimètres de ses lunettes, avant de pouffer de rire :

 

- "En tout cas il me semble que cet étrange personnage royal portant une couronne que je dirais muMuslandienne, est entrain "de lâcher une caisse" sur cette représentation ... !"

 

Et toute l'équipe ria de bon cœur !

 

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romeo_verseau (07/02/2006)



11/04/2012
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